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Vive les suicideurs, p. 115-117.

08/12/2016. LRAR à monsieur le Juge des tutelles. 

Ci-joint, carte Vitale + carte de mutuelle.

La situation a l'avantage d'être limpide : Protection = chosification (une prison qui ne dit pas son nom).

« Les droits de l'Homme » concernent uniquement les hommes, si je suis une « chose », ils ne peuvent s'appliquer à moi, attendu que les « choses » n'ont pas le droit d'avoir des droits. À partir de là, il est normal que le P*** me traite comme une « chose » en me privant de droits que je n'ai de toutes façons pas. (Voir détail dans mes divers courriers.) En particulier en ne tenant pas compte :

a) que la personne, même sous protection judiciaire, bénéficie de tous les droits dévolus à un citoyen majeur ;

b) que la protection juridique a pour finalité l'intérêt de la personne vulnérable, en favorisant, dans la mesure du possible, son autonomie ;

c) que les lois nationales protègent l'individu en lui garantissant des droits ;

d) que les chartes et traités internationaux condamnent les atteintes à la dignité humaine.

Bref, « je » est une chose. Pourquoi ou comment en sommes-nous arrivés à cette situation grotesque ? Mystère !

Fin 2014, j'ai vu débarquer chez moi le P***, une sorte de caisse enregistreuse mâtinée de presse-purée, machine avec laquelle on ne peut évidemment pas discuter (ce qui explique tout ou presque). Depuis lors, chez moi, le P*** fait ce qu'il lui plaît, je n'existe pas, je suis sa « chose », c'est «normal ». Pourquoi se donnerait-il la peine de demander son avis à une « chose », encore moins de lui rendre des comptes ? Et pourquoi se gênerait-il puisque nous sommes dans un pays ou il est légal de pousser les gens au suicide après les avoir démolis mentalement ?

À ce jour, depuis août 2016, je ne reçois plus de documents me concernant, pas même ma situation financière. Le P*** auraient pu se tenir tranquille, respecter un statu quo dont j'avais décidé de m'accommoder, malgré son caractère idiot, mais c'est plus fort que lui, il faut qu'il fasse son numéro d'Ubu. Puisque cette situation (je parle de ma « chosification ») à l'air de relever de la « normalité », il me semble pertinent d'y répondre « normalement ». En d'autres termes dans un environnement où l'intelligence consiste à être le plus bête possible, je m'adapte.

Voici : les « choses » n'ont aucun besoin de soins, il faut être cohérent. Il est donc dans l'ordre que vous trouviez jointes à la présente ma carte vitale et celle de la mutuelle, objets dont une « chose » peut se passer.

[...] J'exclue le P*** de mon univers. Désormais, en cas d'extrême urgence je m'adresserai directement à vos services.

 

14/12/2016. Courrier à monsieur le Juge des tutelles.

Comme je l'ai déjà signalé, j'ai exclu le P*** de mon univers [...] en raison de comportements irresponsables rapportés entre autres dans l'annexe de ma LRAR du 02/12/2015.

Puisque le P*** n'existe plus, il ne peut évidemment plus m'envoyer de courriers. Voilà pourquoi vous trouverez jointe à la présente une lettre que je n'ai donc pas reçue (et encore moins lue) afin que vous la retourniez au néant dont elle n'aurait pas dû sortir.

 

20/12/2016.

C'est le système lui même qui est pourri. Le témoignage des malheureux confrontés au régime de la « protection » est formel. 

Dans la lettre du 02/12/15 au service des tutelles, j'écrivais :  « Il n'existe pas de façon intelligente d'échapper à une situation absurde mais on peut en sortir par l'absurde ». Par cette déclaration, je signifiais que je ne tiens plus pour légitime la France et les dérives féodo-spartiates de ses lois péniaphobes. Et c'est dans cette ligne, parce que je n'accepte plus d'être dépouillé arbitrairement de mon existence et réduit à l'état de chose par un pouvoir dont ses abus montrent qu'il n'est pas légitime, que j'ai envoyé mes cartes, vitale et de mutuelle, à la justice.

La faiblesse est manifestement un crime aux yeux de la France puisque ceux qui la persécutent sont rarement condamnés, ce qui revient objectivement à les encourager à persévérer dans cette voie. Et quand des lois monstrueuses, nous disent que la monstruosité n'est pas interdite - hop ! On y va gaiement, je suicide celui-ci, je laisse crever celui-là et ainsi de suite... Non, mais, ça va pas ?

Quant aux discussions byzantines sur les points de procédures...

Ce n'est pas une erreur de procédure ou une lacune de la Loi qui ont tué Mme Sylvie Velghe, elle est morte de n'avoir pas rencontré de conscience autour d'elle ! Ce n'est quand même pas compliqué à comprendre ! On n'a pas de cervelle ou quoi dans ce pays ?

Remarquez, s'il n'y en a pas, tout s'explique, la rafle du Vel'd'Hiv, le massacre (le 17 octobre 1961) de manifestants algériens à Paris, l'affaire du métro Charonne en 62, la non-intervention des troupes françaises (pourtant présentes sur les lieux) au Rwanda en 1994, la mort des Sylvie Velghe, la maltraitance des vieillards, ce régime abject des tutelles/curatelles, la chosification des personnes que l'on trouve naturelle, et cetera.

 

Décidément, si dieu est l'opium du peuple, la démocratie est son anesthésique.

 

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