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Vive les suicideurs, p. 111-112.

24/09/2016.
De quel droit me traite-t-on comme un objet ? Pas de réponse. Cette façon d'agir relèverait-elle du « normal » ? Question subsidiaire : ça veut dire quoi « normal » ? Parce que dans cette affaire, il semble que la monstruosité du P*** soit « normale ».
Face à des machines privées de la capacité de s'interroger et ne sachant qu'appliquer mécaniquement des instructions, faut-il se résigner ? Quand je me vois réduit à un état de passivité voisin de celui d'un quelconque accessoire, privé de tout moyen de défense, jusqu'au simple droit d'expression, censuré par le biais d'une « communication vicieuse », que dois-je faire ? Puisqu'on me donne la parole pour ne pas m'écouter, autant dire qu'on me muselle.
Car, c'est bien connu, « qui ne dit mot consent ». Donc, « on » prend le parti de me clouer le bec. Comment ? C'est simple, lorsque je dis quelque chose, « on » fait comme si je n'avais rien dit ou « on » me contredit en mentant sans vergogne (l'histoire du radiateur est typique), ainsi conclue-t-« on » de moi ne « disant rien » que je suis consentant. Comme la victime du viol. Il (ou elle) est d'accord, il (ou elle) n'a pas le choix.
Telles sont les méthodes en vigueur dans le milieu des tutelles/curatelles. La protection des majeurs consisterait-t-elle à tuer psychiquement ceux qui se placent sous son égide ?
Chosifié, coupé des informations concernant ma propre situation, dépouillé de mon identité, constatant que je n'ai plus le moindre droit, que me reste-t-il ?
Peut-être pourrais-je me livrer à un acte désespéré ?
Mais n'est-ce pas le but secret de la manœuvre ? Me pousser à quelque geste inconsidéré ? Ce qui offrirait à ceux qui me réduisent au désespoir d'en tirer argument pour me présenter comme un dangereux « asocial » qu'il faut neutraliser, de faire de moi un coupable. Attribuant à la folie ce qui n'est qu'une manifestation de la souffrance dont-ils sont responsables, et qu'ils n'entendent pas assumer (évidemment ! Puisqu'ils la suscitent subrepticement). Car c'est là une des fourberies qu'emploie la « raison ordinaire » pour masquer ses déficiences tout en fortifiant son autorité.
Au quotidien, les exemples ne manquent pas de gens qui, n'y étant pas prédisposés, sombrent dans la névrose obsessionnelle suite à des avanies répétées perpétrées par leur entourage, professionnel ou autre. Quoi de plus facile que de pousser au désespoir un être livré à votre entière discrétion (i.e. sans défense) en le spoliant de son droit d'être humain, et quand il bascule dans le raptus que de le présenter comme un dément, un déviant, un criminel, un asocial ? Sur quoi, on a beau jeu de l'ostraciser, de l'embastiller, de l'éliminer.
Il n'est pas lâche de s'attaquer aux faibles, dans la France féodo-spartiate, c'est du civisme.

21/ 11/ 2016.
J'ai apporté ma voix à la nouvelle pétition du comité de soutien de Mme S*. Au-delà de son affaire, ce sont les tentations fascisantes clairement affichées de nos dominants, s'en défendraient-ils, que je dénonce dans ce pays où la faiblesse est tenue pour criminelle.
Mais cette faiblesse, il ne faut pas la réduire à son seul cas. Tous ceux, enfants, femmes, hommes, qui, un jour ou l'autre, se retrouvent en situation de vulnérabilité savent ce que c'est que de devenir personne, rien, un objet qu'on bouscule, piétine, écrase sans le moindre égard.
Même s'il est vrai qu'entre tous, les femmes sont les plus exposées, et de loin, (le rire est le propre de l'homme. Aux femmes il a laissé les larmes), nous ne devons pas oublier les autres. De grâce, n'opposons pas les faibles aux faibles !

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