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Vive les suicideurs, p. 107-109.

06/07/2016.

Je rédige un hommage à Mme Sylvie Velghe, un texte critique dirigé contre la protection des adultes vulnérables.

Cherchant à me documenter, je n'ai pas trouvé grand chose du côté des médias. Ceux qui sont concernés de près ou de loin par l'affaire cherchent surtout à se dédouaner. «  C'est pas moi, c'est lui ! » Comme d'habitude, quoi !

Pas d'indignation, pas de mouvements de masse, juste quelques regrets polis, même la compassion (sauf exceptions) est restée en surface, dictée par le souci des convenances et rien d'autre. 

Certains ont parlé de revoir les lois pour améliorer la protection. Discours de circonstance. On ne tue pas la bêtise à coups de lois. On la force juste à avancer masquée, si ce n'est pas ici, elle sortira plus loin. L'humanité a moins besoin de lois que de conscience.

Quand nous voyons les comportements que je décris dans ces pages, tant de la part des MJPM que de celle de l'appareil judiciaire, sans parler de la masse de ceux qui préfèrent ne pas voir, quoi d'étonnant à ce qu'ils finissent par accoucher de pareilles monstruosités ? Sans conscience, l'homme n'est qu'une bête ou une machine, voilà le résultat. 

Quand la raison marche au pas de l'oie, on se trouve mieux d'avoir tort seul

 

16/08/2016.

Suite au rejet de sa conditionnelle, j'ai écris un texte de soutien à Mme Jacqueline S*, une affaire de « maricide ». 

Persécutée des années durant par un époux pervers, Mme S*, désespérée, finit par tuer son conjoint s'aidant d'un fusil appartenant à ce dernier. Comme toutes les personnes que l'on présente comme faibles, Mme S* n'est pas assez tordue pour couvrir ses arrières. Du reste, elle n'en avait cure, son but premier était de se libérer d'un cauchemar qu'elle ne supportait plus.

Observation numéro 1. Jacqueline S* a-t-elle pu être, pendant presque 50 ans, le jouet d'un malade sans que nul ne le sache ? Non ! Conclusion, l'« État de droit » démocratique a manqué a ses obligations qui étaient de garantir la sécurité de Jacqueline S*. 

Observation numéro 2. Par la voix du ministère public l'« État de droit » démocratique reproche à Jacqueline S* de s'être mal défendue, « elle aurait dû répondre par un acte proportionné, immédiat et nécessaire » nous dit-il. C'est quoi, ces âneries ?

Les pervers, naturellement lâches, ne s'en prennent qu'à des êtres faibles, qui ne savent pas se défendre. Que veut dire exactement « qui ne savent pas se défendre » ? Tout simplement qu'ils sont incapables de construire une stratégie de riposte efficace, c'est-à-dire adaptée, pour l'opposer à l'agression dont ils font l'objet. Son bourreau s'en serait-il pris à elle s'il l'avait sue en mesure de réagir de façon « proportionnée, immédiate et nécessaire » ? Non ! Donc, Jacqueline S* s'est fait brutaliser parce qu'elle était faible. En appel, la Justice l'a condamnée à dix ans de prison ferme pour n'avoir pas su se défendre. Le constat est brutal : dans ce pays, « État de droit » démocratique, la faiblesse est un crime. 

Pourquoi l'époux de Jacqueline S* n'avait-t-il pas été neutralisé ? 

Au nom de quoi les tribunaux fondent-t-ils leurs verdicts sur le déni en écartant, la déclarant illégale, la vérité au motif qu'elle ne leur convient pas ? 

Quand la Justice refuse d'accorder la liberté conditionnelle à Mme S*, lisant les commentaires qui prétendent justifier cette décision, je vois bien qu'ils n'émanent pas d'esprits laïques et éclairés, mais bien plutôt du cerveau sectaire d'intégristes de type religieux châtrés par la doctrine. Elle n'a pas assez souffert ! Il faut la poursuivre jusqu'aux tréfonds de l'Enfer ! La détruire totalement ! Pourquoi ? Parce qu'elle est faible et que dans ce pays, État de droit démocratique, la faiblesse est un crime !

La Loi française, ce n'est pas compliqué. Tu butes un sadique, genre Barbe Bleue, là-dessus, tu écopes de 10 ans de placard. Jusque ici, rien à dire. Enfin, si ! T'aurais pu lui rétorquer, à Mme la France, que si elle avait procédé elle-même au ménage, puisque c'était son boulot, t'aurais pas dû le faire à sa place. Passons ! Lorsque le temps venu, tu poses une conditionnelle, on te la refuse, pourquoi ? Parce que tu ne prends pas la mesure de l'horreur de ton acte, tu ne le regrettes pas. C'est vrai, ça ! Ce pauvre Barbe Bleue, si gentil !

La France, incapable de garantir la sécurité de ses citoyens vulnérables, cf. Mme Sylvie V*, les condamne par surcroît à l'enfer au motif qu'ils sont faibles. 

 

Osons le dire : Les prétoires sont les chiottes de la raison. Mais notre nature est ainsi faite que nous ne pouvons nous passer de chiottes. 

 

17/08/2016. 

Il me plaît de le rappeler : « la loi appartient au Citoyen, et non aux juges qui n'en sont que les commis ». 

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