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LA PUTAINERIE TUTÉLAIRE. - Une prison qui ne s'avoue pas, p. 11, suite.

Voici la liste des « droits » de la personne protégée telle que la précise dans son règlement, (qui reprend la loi n° 2007-308), une officine de protection, le P***, dont le rédacteur de ce récit a subi trente mois durant les singeries liberticides : 

- Liberté individuelle - Dignité, intégrité - Liberté des relations personnelles - Droit au respect des liens familiaux - Droit à 1'information - Droit à l'autonomie - Droit à la protection du logement et des objets personnels - Consentement éclairé et participation de la personne - Droit à une intervention personnalisée - Droits à l'accès aux soins - Protection des biens dans 1'intérêt exclusif de la personne - Confidentialité des informations.

Dans la réalité, ces « droits » sont piétinés pour une raison toute simple. En l'absence d'un contrôle réellement indépendant, impartial, sérieux et à défaut de sanctions suffisamment dissuasives en cas de manquements, les agents du milieu tutélaire font à peu près ce qu'ils veulent. S'ils sont réglos, pas de lézard, hélas, il arrive qu'ils souhaitent, avant tout, privilégier leurs intérêts et leur confort, ce qui ne peut se faire qu'au dam de leurs « clients ». 

Inconvénient déploré dans deux rapports parus en septembre  2016.

Le premier, « Protection juridique des majeurs vulnérables » émanant du Défenseur des droits dénonce des « droits fondamentaux des majeurs protégés insuffisamment reconnus » (page 40). 

Le second, « La protection juridique des majeurs », publié par la Cour des comptes constate : « le très faible niveau de contrôle des mesures et des acteurs est alarmant » (page 11).

Avec un appareil judiciaire qui laisse la bride sur le cou de ses auxiliaires pourvu que leurs dérapages ne se voient pas trop, ces derniers peuvent impunément faire, à peu près, tout ce qu'ils veulent.  

À la décharge des magistrats, dans son déjà cité, la Cour des comptes signale, page 11, qu' « en 2015, les juges des tutelles étaient chargés de 3500 dossiers en moyenne, ce qui ne permet pas d’assurer un suivi efficace ». En écœurant  ses magistrats, la France affaiblit sa justice. Et, bien sûr, ce sont les plus faibles qui trinquent. 

Dans le cadre de la « protection », les Juges ne peuvent pas être des arbitres fiables. Faute de moyens et de temps, il leur arrive de devoir pratiquer cette forme de cécité sélective qui consiste à savoir ne pas voir. Il est dans leur intérêt d'entretenir de bons rapports avec les autres acteurs du système qui sont là pour les épauler et sont susceptibles d'alléger leur tâche, (tuteurs, curateurs, médecins, psychiatres, notaires, EHPAD et cetera), d'abord parce que la modernité fonctionne en réseau et que l'efficacité du réseau repose sur l'entente des éléments qui le composent, (au passage, notons qu'il n'y a jamais très loin d'un réseau à une mafia). D'autre part, feuilletant la notice d'information du P***, je relève ce qui suit « L'Association P*** a vu le jour en 1987 à la demande des magistrats locaux afin d'augmenter le choix des services de tutelles dans le département ». Comment imaginer que l'appareil judiciaire déjuge des olibrius qu'il a lui-même impatronisés ?

Enfin, pourquoi épargner une personne vulnérable, quelqu'un qui ne sait pas se défendre et qui ne présente que peu de danger, si son sacrifice peut profiter à tout le monde ? Je vous le demande. 

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